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Qui sommes-nous ?
RVM, une radio
associative au coeur du Pays de Valois
Mai 2008: cela fait 23 ans que RVM diffuse ses émissions au
coeur du pays de Valois. Une «radio de proximité» qui aura
largement contribué à forger lidentité dun pays et
de ses habitants, mais dont lavenir est menacé par la réforme
du financement de laudiovisuel public et par lavènement
du numérique.
Entre Picardie et Ile de France, le pays de Valois, berceau de
la dynastie royale du même nom, a sa radio associative. Dès la
fin de lannée 1981, quelques citoyens adhérents du Foyer
Rural du Valois Multien, férus déducation populaire,
voient dans la fin du monopole radiophonique et la libération
des ondes FM une opportunité extraordinaire de créer un média
de proximité fait pour et par les habitants. Plus de trois années
de tâtonnements, dincertitudes, de batailles auprès des
autorités audiovisuelles seront nécessaires pour obtenir une fréquence
et réunir les fonds nécessaires à la création de RVM. Définitivement
inaugurée en 1985, Radio Valois Multien deviendra vite une véritable
école dengagement, une radio populaire et pleine de sens :
quiconque souhaite en effet présenter une émission peut le
faire. Pour cela, une adhésion à lassociation, un concept
démission à peaufiner avec léquipe dirigeante, éventuellement
quelques cours de techniques radiophoniques et laventure
peut commencer. Le vrai apprentissage commence alors sur le tas.
Poser sa voix, organiser ses idées, argumenter, interviewer...
Des dizaines danimateurs bénévoles se sont succédés en
23 ans pour faire vivre cette belle aventure radiophonique.
Aujourdhui, accompagnés de quatre salariés, dont un
journaliste, ils utilisent le 93.7 pour donner des cours déconomie,
danglais ou de cuisine, parler de musique, de politique, de
vie locale, de sports, de culture, mais aussi pour échanger
leurs passions, leurs colères ou leurs engagements.
Une radio engagée pour la démocratie locale
La mission première de RVM, inscrite dans ses statuts, est dêtre
une véritable radio de proximité : un objectif qui se concrétise
aujourdhui de multiples façons. Lors des élections
locales, RVM tend ainsi ses micros aux candidats locaux, leur
permettant dexposer et de débattre de leurs programmes.
Les soirées électorales sont aussi des moments forts. Lauditeur
peut suivre sur le 93.7 les dépouillements dans chaque commune
du Valois. Pas un bureau de vote néchappe alors à la
vigilance des bénévoles de la radio, qui annoncent bien souvent
les résultats avant la préfecture Les actions de proximité
donnent souvent lieu à des partenariats avec les acteurs. Comme
lémission «Crépy infos» avec la ville de Crépy-en-Valois,
ou les offres demploi des entreprises locales diffusées
plusieurs fois par jour par lANPE.
Cette présence au pius près des gens, par exemple avec les
"Micros tous terrains" du dimanche matin ou encore avec les
nombreuses émissions consacrées à la mémoire du travail (lhomme
et la betterave à sucre, les carrières de Bonneuil, lépopée
CASE...), sont autant de petites actions dignes dun service
public, qui contribue à la diffusion dune histoire commune
aux habitants du Valois et donc à la création de lidentité
dun pays qui nétait connu que par ses rois de France.
Les radios associatives en danger ?
Essentiellement financées par un Fonds de Soutien à lExpression
Radiophonique (FSER) approvisionné par une taxe prélevée sur
les revenus publicitaires de laudiovisuel commercial et
public, les radios associatives sont aujourdhui menacées
par la disparition annoncée de la publicité dans les médias de
service public. Faute de compensation, ce choix pourrait entraîner
une baisse de 30 % des subventions versées aux antennes non
commerciales. A moins quun financement complémentaire ne
soit institué par le gouvernement, qui reste à ce jour muet sur
ses intentions. Cette question est dautant plus cruciale quune
autre menace, très lourde de conséquences, pèse sur les radios
associatives : le passage à la norme numérique. Cette révolution
technologique dont le format simpose et qui pourrait faire
disparaître la «vieille » bande FM, exige des dépenses
difficilement compatibles avec le modèle économique des radios
sans but lucratif: investissement en matériel, formation à la
nouvelle technologie, double diffusion sur la bande FM et sur la
bande numérique à assurer pendant plusieurs années. La radio,
qui était jusque là un média simple daccès et quasiment
gratuit, est en passe de devenir un outil technologique
inaccessible pour les acteurs associatifs. En ira-t-il des radios
libres comme de certains services publics : ce qui nest pas
rentable serait voué à disparaître ? Les bénévoles et les
salariés de RVM se tiennent prêts à développer des trésors dinventivité
pour garder leur radio tout en restant libre.
Jean-Damien Terreaux, président de
Chant Libre, membre de RVM été 2008
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